Vernaccia di San Gimignano DOCG, Selvabianca 2019, Il Colombaio di Santa Chiara

On connait surtout la Toscane viticole pour ses grands vins rouges. Le célébrissime Chianti, le prestigieux Brunello di Montalcino, les vins de Bolgheri et leur inspiration bordelaise… Et pourtant, au pays du tanin, une petite appellation fait figure d’oasis de fraîcheur et de légèreté. Sous le regard des tours de San Gimignano pousse la Vernaccia, et donne naissance aux vins blancs de la DOCG Vernaccia di San Gimignano (ah, comme les noms d’appellations italiennes peuvent être simples parfois).

San Gimignano est probablement un nom qui ne sera pas inconnu à ceux qui ont visité la Toscane. Situé dans la province de Sienne, ce bourg médiéval célèbre pour ses tours est une véritable image de carte postale.

La carte postale je vous disais. Un village enchanté entouré de vignobles et d’oliveraies.

La Vernaccia di San Gimignano a une histoire ancienne. Il est déjà mentionné dans des écrits du 13ème siècle. Je vous passe les nombreux poètes à en avoir chanté les charmes au long des siècles pour arriver directement en 1966 lorsqu’il devient le premier vin italien DOC. Il obtient la DOCG (DOC, DOCG, l’explication par ici) en 1993. Aujourd’hui, c’est une dénomination qui s’est débarrassée d’une image de vin pour touristes et a atteint une réputation importante en Italie et à l’étranger.

Le cépage, c’est la Vernaccia di San Gimignano, un cépage qui a donné son nom à l’appellation. On ne le trouve d’ailleurs que dans cette zone. Attention à ne pas le confondre avec d’autres cépages qui portent également le nom de Vernaccia, par exemple celle d’Oristano en Sardaigne, ou la Vernaccia nera. Ce sont des cépages qui n’ont pas de lien de parenté. Les raisons de la proximité de leurs noms est probablement à chercher dans l’étymologie. Vernaccia dériverait du latin vernaculum, qui signifie ce qui vient d’un endroit particulier (et a donné le mot vernaculaire en français). Donc la Vernaccia di San Gimignano pourrait avoir été appelée ainsi simplement parce que c’était le cépage local, le cépage du coin. A noter que le cahier des charges de l’appellation autorise l’assemblage avec d’autres cépages non aromatiques, dans la limite de 10%. On pourra ainsi trouver des assemblages contenant du Chardonnay, ou du Trebbiano Toscano.

Qui dit Toscane dit collines. Qui dit collines dit pentes, expositions et altitudes diverses (entre 200 et 400 mètres au dessus du niveau de la mer) et donc une mosaïque de terroirs différents. Le climat de la zone est méditerranéen, c’est à dire chaud et sec. Enfin, la particularité des sols est qu’ils dérivent de sédiments marins. On y retrouve le tufo, roche calcaire, des sables, des argiles et même des fossiles. On lit ici et là que ce type de sol confère aux vins une minéralité toute particulière. Sachant que le débat sur la minéralité du vin et surtout le lien avec le terrain sur lequel pousse la vigne est loin d’être clos, je réserve pour ma part mon jugement sur le sujet.

La Vernaccia di San Gimignano se décline en deux catégories principales. La Vernaccia d’annata, commercialisée l’année qui suit la vendange, et la Vernaccia riserva, commercialisée au moins un an après le mois de janvier qui suit les vendanges. Souvent, la Vernaccia dans sa version « basique » est vinifiée en inox, pour en préserver la fraîcheur. Pour la version riserva, il est courant que les producteurs fassent le choix de l’élevage en contenants de bois, pour développer la complexité du vin. Dans la même appellation, on trouve donc deux profils type de vin différents: soit tourné vers le fruit et la fraîcheur, pour la version classique, soit taillé pour la garde dans la version riserva, qui mise sur la capacité d’évolution du vin et sa complexité.

La bouteille d’aujourd’hui, s’appelle Selvabianca. C’est la version « basique » du domaine il Colombaio di Santa Chiara, un producteur historique, considéré comme une référence dans l’appellation. Les raisins dont sont issus le vin proviennent de l’ensemble des vignes, ce n’est donc pas un cru. Ils sont cultivés selon le régime biologique. La vinification est classique avec une fermentation et un élevage de quelques mois en cuves inox.

Ce vin est une ode à la fraîcheur et à la délicatesse. A la dégustation, ce qui frappe au premier regard, c’est la couleur du vin, un jaune paille très clair avec de subtils reflets verts. Un type de couleur qui évoque davantage les vignobles septentrionaux que les collines ensoleillées de la Toscane. Le nez est cohérent, entre un panier d’agrumes (citron, pamplemousse, citron vert) et un bouquet de fleurs blanches (jasmin, muguet). Et une touche de pomme granny. C’est frais, élégant. Ça m’évoque une eau de Cologne pour jeune fille de bonne famille. La méditerranée aussi, mais à la fin de l’hiver, sans le côté solaire et chaud. La bouche raconte la même histoire. Le vin est tout en fraîcheur acidulée et les arômes d’agrumes ressortent bien. C’est un vin plutôt simple mais extrêmement agréable, désaltérant. Il appelle les tonnelles, les apéros d’été vue sur mer et les poissons crus. C’est amusant qu’un vin produit dans une région aussi terrienne que la Toscane des collines me transporte directement en bord de mer. Pour cet étrange voyage, il faut débourser une quinzaine d’euros environ (je l’ai aperçu sur le site Vinissimus).

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