Lighea 2019 Donna Fugata, Sicilia DOC

Voilà un vin blanc intéressant pour tous ceux qui aiment, où se demandent ce que c’est qu’un vin aromatique (du type Viognier, ou Gewurztraminer). En général, c’est pas vraiment ma came, mais celui-ci est descendu tout seul. On est en Sicile, sur l’île de Pantelleria plus exactement (entre la Sicile et la Tunisie). Le cépage, c’est le Zibbibo, aussi nommé Muscat d’Alexandrie. C’est un cépage originaire de l’Afrique du Nord, qui s’est répandu dans le sud de l’Italie, en Sicile en particulier, mais on le trouve aussi en Calabre. En France, il se trouve dans le Roussillon, où il entre dans la composition de vins comme le muscat de Rivesaltes. A Pantelleria, il est traditionnellement vinifié passerillé, c’est à dire que les raisins sont séchés après la récolte pour concentrer le sucre. On obtient alors un vin liquoreux, le Passito di Pantelleria. C’est la même technique qui est utilisée dans le Jura pour produire le vin de paille. Mais dans le cas de cette bouteille, il s’agit d’un vin sec.

Lighea, c’est la sirène d’une des nouvelles de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, l’auteur du Guépard, ce roman dont est tiré le chef d’œuvre absolu du même nom de Luchino Visconti. C’est assez bien trouvé je trouve comme nom pour cette cuvée, si l’on se souvient que dans la mythologie les sirènes, par leur chant, attiraient les marins vers les récifs. La première fois que j’avais goûté du Zibibbo, j’avais pensé à une cagole (moins poétique, ou moins efficace en terme de marketting certainement). Ce que je veux dire par là c’est que ce cépage, ne joue pas vraiment dans la catégorie de l’élégance discrète, de l’austérité cérébrale. Au contraire, c’est généreux, solaire. Les vins se font remarquer et te donnent tout dès que tu mets le nez dans le verre. On est davantage chez Dolce & Gabbana que chez la bourgeoise intello façon Céline époque Phoebe Philo.

Pour ceux pour qui mes métaphores modesques seraient un peu absconses, voilà comment se présente le vin. Le nez est très intense. On a de la fleur d’oranger (beaucoup), des zestes de cédrat, de l’orange un peu confite, de la pèche blanche. Pour ceux qui connaissent, ça rappelle certaines pâtisseries napolitaines, comme la sfogliatella, ou la pastierra, avec leur parfums d’agrumes confits et de fleur d’oranger. En bouche le vin est sec, mais ample et très aromatique. On retrouve bien tout ce qu’on avait au nez. Ça n’est pas très acide, mais il y a ce qu’il faut de fraîcheur pour ne pas tomber dans la lourdeur. Le final est long (forcément tous ces arômes ne vont pas disparaître en 2 secondes) et légèrement salin (coucou les sols volcaniques de Pantelleria). Et à noter que pour un vin fait à environ 100 km de la Tunisie, on est loin de la bombe alcoolique qu’on pourrait craindre. Seulement 12,5 petits degrés. Du coup ça en fait selon moi un super vin d’après-midi. C’est l’été, il est 17 heures (l’heure officielle de l’apéro, ou du goûter c’est selon), si vous êtes à la plage c’est encore mieux, vous avez soif et vous commandez/sortez de la glacière une bouteille de Lighea bien fraîche. Voilà, ça pourrait être une sorte d’alternative alcoolisé au thé glacé. Parce que cette bombe aromatique je ne la trouve pas hyper facile à associer. Cela peut quand même marcher sur des cuisines asiatiques très riches en goût, du type curry thaï. Ou alors des tartares/ceviche/carpaccio de poisson avec des fruits frais. Un tartare de saumon ou de thon avec de la mangue par exemple. Et ça se trouve sur internet pour environ 12 euros.

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