Guide de survie pour la lecture d’une étiquette de vin italien

Comme première étape d’une découverte des vins italiens, avant les belles photos et les dégustations, il me semblait qu’un rapide décryptage de ce qu’on peut lire sur une étiquette de vin italien ne pouvait pas faire de mal. Parce que lire une étiquette de vin, ça n’est pas forcément simple. Mais alors une étiquette italienne, c’est pire. Qu’est ce qui peut bien différencier un Chianti superiore DOCG d’un Chianti classico riserva DOCG? Un Prosecco Doc d’un Prosecco superiore Conegliano Valdobbiadene DOCG?

Les appellations

Tout d’abord, l’Italie a un système d’appellation. Le principe est le même que pour le vin français, il est avant tout géographique. En toute logique, il y a tout d’abord les vins sans appellations, les vini di tavola. Ce sont des vins qui ne sont pas soumis à une règlementation de provenance des raisins. Cela peut aller du vin de supermarché produit avec des raisins provenant d’un peu partout en Italie, à des vins très qualitatifs de vignerons, souvent dans la mouvance dite naturelle, qui par choix, ou par contrainte, sont sortis du système des appellations, en passant par le vino contadino (vin paysan), souvent vendu en vrac.

Puis, il y a trois niveaux d’appellation: L’IGT (indicazione geografica tipica), la DOC (denominazione di origine controllata) et la DOCG (Denominazione di origine controllata e garantita). Dans ces trois systèmes d’appellations, les vins sont soumis au respect d’un cahier des charges plus ou moins contraignant (moins contraignant pour les IGT, plus contraignant pour les Docg). Le cahier des charges définit entre autre la zone de production, les cépages autorisé, le degré d’alcool minimum, les rendements maximums de vin à l’hectare ou encore, dans le cas des DOC et DOCG, les caractéristiques organoleptiques que doivent avoir les vins.

En IGT, 85 % des raisins au minimum doivent provenir de la zone en question, qui peut être une région entière ou une zone plus réduite (par exemple Toscana IGT ou Costa Toscana IGT). En revanche, pour les DOC et DOCG, 100% des raisins doivent provenir de la zone de l’appellation. La différence entre les deux (outre que les DOCG sont moins nombreuses et plus « prestigieuses » que les DOC) est que les vins en DOC sont soumis à des contrôles lors de leur productions, et les vins des DOCG, en plus de ces contrôles, à une dégustation pour vérifier qu’ils entrent bien dans les critères du cahier des charges. Certaines DOC ou DOCG n’indiquent qu’un territoire (Barolo ou Chianti par exemple), alors que d’autres indiquent aussi le nom du cépage (Fiano d’Avellino, c’est à dire le cépage Fiano dans la région d’Avellino).

Les autres classifications géographiques

Certains cahier des charges dans certaines DOC ou DOCG prévoient la possibilité d’indiquer des classifications géographiques supplémentaires. La classification Classico désigne un vin produit dans la zone historique de la dénomination. Ce type de mention est notamment présent dans des appellations qui ont été très étendues au delà de leur origine. C’est par exemple le cas du Chianti, et du Chianti Classico.

D’autres dénominations prévoient également la possibilité de mentionner des sous zones géographiques plus précises, afin de mettre en valeur la diversité du terroir au sein de la DOC ou DOCG, un peu comme le principe des crus bourguignons. On retrouve cela plutôt dans les appellations très prestigieuses, comme Barolo DOCG ou Prosecco superiore Conegliano Valdobbiadene DOCG. Ainsi, si on tombe sur une bouteille de Barolo « Cannubi », il s’agira d’un Barolo, mais en provenance du « cru » Cannubi.

Classifications relatives à la vinification

Certaines DOC et DOCG prévoient enfin la possibilité d’ajouter les mentions Superiore et Riserva. Riserva signifie que le vin a vieilli plus longtemps avant sa commercialisation que ne le prévoit le cahier des charges (2 ans de plus pour les vins rouges, 1 an pour les blancs et les effervescents méthode Charmat, 3 ans pour les effervescents méthode champenoise). C’est une catégorie que l’on retrouve beaucoup plus fréquemment pour des vins rouges de garde.

Superiore signifie que les rendements à l’hectare sont inférieurs d’au moins 10% à ce que prévoit le cahier des charges, dans le but d’avoir des vins plus concentrés, et avec un degré d’alcool un peu supérieur aux standards des vins de la dénomination (0,5 degré en plus au minimum). Mais parce qu’on est en Italie et pas en Suisse, il y a une exception, le cas du Prosecco. Les DOCG Asolo et Conegliano Valdobbiadene peuvent indiquer la mention Prosecco superiore, ce qui n’a rien à voir avec le degré d’alcool. C’est seulement un moyen supplémentaire de distinguer ces deux DOCG de la DOC Prosecco plus large.

Vous n’avez toujours rien compris? C’est pas la fin du monde. Trouvez vous un bon caviste, c’est le plus important. Ou alors lisez-moi :).

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